

La crème hydratante est dangereuse
En manque d’actualités québécoises, je parcourais nonchalamment les sites de nouvelles. Puis, je suis tombé sur ce titre de cyberpresse: « Dangereuses, les crèmes hydratantes? ». J’ai tellement ri qu’Alexandre Trudeau s’est réveillé, à deux bureaux de moi (ne me demandez pas ce qu’il fait ici, j’en ai aucune idée).
La crème hydratante est dangereuse? Ah ben maudit! Il faut que je prévienne ma blonde! Ça fait 30 ans qu’elle s’en met partout dans la face. Ça va la tuer c’est certain! En attendant, comment peut-on parler de liberté de presse, de droits humains ou de péril jaune quand on sait que la crème hydratante est un danger qui nous guette? Je vous le demande parce que ce soir, drette là, je me sens incapable de faire ma job. Trop fessé.
J’ai reçu mon troisième sac à dos olympique aujourd’hui. Le voulez-vous? Il est orange fluo avec l’inscription « BOB Beijing 2008 ». BOB pour Beijing Olympic Broadcasting, le consortium responsable de la télédiffusion des Olympiques. Toutes les images des compétitions que vous voyez vous parviennent de BOB. Seules les caméras de BOB sont sur le terrain.
Ici, BOB est partout. C’est comme Big Brother, mais avec un nom sympathique. « Il faut demander à un employé de BOB », « Désolé, il y a seulement les caméras de BOB qui entrent ici ». Ici, le boss c’est BOB. Pas étonnant que chez nous, il possède un très très gros garage…
J’ai lu aussi que vous trouviez les Jeux plates. Ça aussi, c’est très drôle… Depuis un an, on se crinque mutuellement en se racontant des peurs. « Avec la pollution, les athlètes vont mourir! », « il y aura des manifestations et des émeutes partout! », « le gouvernement va tous nous emprisonner! », « il y aura des attentats toutes les 30 minutes! ».
Convaincu que j’allais vivre pire que Kandahar, je suis allé en rampant chercher mes bagages à l’aéroport de Pékin. Puis rien… Tout s’est déroulé calmement. Pas de crise, pas d’émeute et aucun athlète n’est mort d’asphyxie. Étions-nous trop hystériques dans nos reportages préolympiques??? Les médias ont-ils sombré dans la sensation? C’est ce que je déteste de mes amis les journalistes. Sous le couvert de l’information avec un grand « I », ils en beurrent tellement épais autour d’un événement qu’une fois arrivé au susmentionné événement, on ne le reconnaît plus.
Ça me rappelle cette histoire du lion en liberté à Maniwaki, il y a deux mois. Un homme gardait secrètement un lion qui s’était échappé dans la ville. Immédiatement, le Journal de Montréal a placé une photo d’un immense lion rugissant agressivement à sa une. Il nous dépeignait juste à le regarder. Le lendemain, le super lion a été attrapé…
Un tout petit lionceau! Miaou, miaou. J’ai gardé les deux photos au bureau : AVANT et APRÈS. Je m’en sers pour vulgariser l’information spectacle. Le gros lion, c’est pour vendre de la copie. Le lionceau, c’est la réalité. Avec Beijing 2008, on nous a présenté un gros lion et maintenant on trouve le petit lionceau très plate. Certainement que c’est plate. C’est la réalité, pas des pétarades de journalistes. En attendant, le saviez-vous? La crème hydratante veut vous tuer.
Voici une photo que j’aime bien. Je l’ai prise sur le site olympique, près du pavillon Adidas. Un Chinois à genoux devant le logo de la compagnie. Une belle allégorie du « made in China ».
