Bonjour,

C’est la première fois que j’étais émue à ce point à la télévision nationale. Et c’est la faute de nos deux plongeuses en finale. Mais n’ayez crainte, je ne leur en veux pas. Au contraire, je les remercie de m’avoir fait autant vibrer, moi, comme tout un pays entier.
La nouvelle vice-championne olympique, Émilie Heymans, a réussi une chose extrêmement importante ce soir. Avec tout son bagage d’expérience formé de victoires, de défaites, de choix, de controverses, de décisions et surtout de travail sur soi autant en préparation physique que mental, elle a prouvé hors de tout doute, lors de la compétition la plus importante de sa vie, qu’elle a l’étoffe des plus grands athlètes du pays.

Plus jamais on ne verra le mot choké (que je déteste tant) accolé à son nom. Plus jamais on ne pourra dire qu’elle n’est pas forte mentalement. Plus jamais on ne doutera de son talent, sa préparation, son dévouement, son engagement et son désir de gagner. Elle a tout mis en œuvre pour arriver à gagner une médaille olympique individuelle et elle y est arrivée. Elle devient donc triple médaillée olympique. Ce n’est pas rien. Wow!

Marie-Ève Marleau, qui était un peu dans l’ombre d’Émilie et qui a terminé avec une superbe 7e position, a su attirer vers elle les projecteurs et ensoleiller notre description grâce à son attitude déterminée et à une remontée formidable. Persévérante, elle traîne un bagage d’expérience de 20 ans d’entraînement en gymnastique et en plongeon. On peut dire mission accomplie pour cette athlète fort sympathique qui plongera dans deux nouveaux projets: faire un voyage en Thaïlande dans quelques jours et poursuivre sa vie en kinésiologie après sa retraite sportive.
On peut donc dire mission accomplie pour ces deux plongeuses que j’ai vraiment à cœur. Elles m’ont émue et inspirée tout au long de cette soirée des plus intenses. Comme je vous l’ai dit d’entrée de jeu, j’ai eu le motton à plusieurs reprises ce soir. J’en ai même oublié ma description à un moment donné. Un petit coup de coude de mon fidèle complice pour me rendre compte qu’on était en ondes. J’étais complètement bouche bée et dans la lune.

Je pensais à Émilie. Je lui envoyais des ondes positives. Je me remémorais son parcours, ses hauts et ses bas, son adolescence et son passage à la vie adulte. Sa personnalité bien à elle qu’on doit apprendre à découvrir. Et cette fameuse pression, celle du dernier plongeon. Je me suis retenue le plus que j’ai pu. Je n’ai pas versé de larmes, mais disons que la gorge me piquait pas à peu près…

Je pensais aussi à ses parents. Ses parents que j’aime tant. Je les voyais au loin, car ils étaient assis juste en face de notre position de commentateurs, de l’autre côté de la piscine. Je pensais à eux, qui ont toujours été là, réservés. Ils ont été de fidèles supporteurs, parfois heureux, parfois inquiets.

Et ils m’ont fait penser aux miens. À mes parents que j’aime tant. Ils ne sont plus dans les estrades de plongeon, mais bel et bien devant leur téléviseur. Réservés. De fidèles supporteurs parfois heureux, parfois inquiets.
Ce soir, j’ai bien l’impression que certains parents se coucheront le cœur un peu plus léger.
Merci d’avoir été là. Sans vous, Émilie n’y serait pas arrivée, et moi non plus. Ça, il ne faut jamais l’oublier.
À+