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JOUR 17 des compétitions
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Annie Pelletier

13
août

Au tour des hommes de s'exécuter


Réveil à 6 h pour une deuxième participation à La zone olympique. Je devais être en ondes à 7 h 45. Mais au moment où je me rendais tranquillement vers le studio, en écoutant mon baladeur numérique, mon cellulaire se met à vibrer dans ma poche.

Je réponds et je sens l'urgence au bout du fil: « Annie, les premiers invités ne sont pas encore arrivés, ils ont été retardés. Il est 7 h 26, l'émission débute à 7 h 30, si tu n'es pas trop loin tu serais en direct dans 4 minutes! »

Quoi? Quatre minutes? Je me métamorphose alors en Brunette Surin. Je tourne à gauche, cours à droite, montre mon accréditation, entre dans l'ascenseur, lance mon sac, enfile le chandail de Radio-Canada, coup de pinceau au visage, installe le micro et pouf, me voilà en direct à la télé nationale!

C'est de cette façon qu'a commencé ma journée, rien de moins! Et pour être honnête, j'adore ça. Être sur la corde raide, avec une petite dose d’adrénaline. Cool!

La compétition du tremplin 3 m synchronisé chez les hommes s'est soldée par une victoire des plus convaincante des Chinois. Ils ont non seulement plongé de façon sensationnelle sur le plan technique, mais ils ont aussi réussi à supporter merveilleusement bien l'énorme pression qui régnait cet après-midi, avec les quelque 16 000 spectateurs au cube d'eau.

La médaille d'argent est allée aux Russes qui sont revenus avec vigueur après un avant-dernier plongeon raté. Le bronze a été remis à ceux qui avaient choisi d'exécuter la liste de plongeon la plus relevée, les Ukrainiens.

Annie Pelletier
Notre duo canadien a terminé 5e, à seulement 6 points du podium. Évidemment, ils étaient nerveux. C'est bien normal, car c'était une première finale olympique pour Arturo et un retour à la compétition pour Alexandre. Ce dernier tente de tirer son épingle du jeu sur la scène internationale, malgré des blessures qui le freinent depuis trois ans (cou en 2005, dos en 2006 et pied en 2008).

Je n'essaie pas de leur trouver d'excuses, loin de là. Ils n'ont pas été en mesure d'être aussi synchronisés en compétition qu'aux entraînements des dernières semaines, voilà tout! Et en terme d'exécution, les deux ont connu de petites lacunes sans pour autant faire de gaffes monumentales. Mais comme ils exécutaient une liste de plongeons aux coefficients de difficulté inférieurs aux autres, eh bien, la marge de manœuvre était plus mince et les petites erreurs ont fait la différence.

Comme je connais davantage Alexandre, je vous dirais qu'il m'est apparu, dès la première image de son visage à la télévision, à la fois concentré et un peu crispé. Et j'ai eu l'impression que le tout s'est transposé dans ses plongeons, parfois en anticipant ou en précipitant certaines actions.

De son côté, Arturo a offert une performance correcte. Il aurait pu faire mieux, c'est vrai. Il aurait aussi pu faire pire, car il a toujours eu de petits problèmes de constance.

Je sais qu'ils ont tout donné et qu’ils ont tenté jusqu’au dernier plongeon de retrouver le rythme. N'ayant pas eu de préliminaires ni de demi-finales pour s'ajuster, c'était là ou jamais.

Pour Arturo, l'expérience olympique se termine ici. Pour Alexandre, il a la possibilité de retrouver toutes ses munitions. Espérons que d'avoir frôlé le podium l'aura piqué d'une dose explosive.

À l'épreuve du 3 m individuel, qui aura lieu les 18 et 19 août, Alexandre aura deux étapes de qualification avant de participer à sa 5e finale olympique. Il pourra alors faire des ajustements pour aller chercher le maximum d'amplitude, de vitesse, d'impulsion, tout en offrant aux juges cette grâce et cette fluidité qui le caractérisent tant.

Il ne devra pas retenir son élan. Il n'aura qu'à déployer ses ailes et à voler en synchronisme avec… lui-même.
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