

Après avoir pimenté le paysage des Jeux d'Atlanta avec sa version plage, le volley-ball a rechargé les batteries de sa version en salle à Sydney en introduisant un joker dans le jeu de cartes de chaque équipe.
Ce nouvel atout, auquel on a donné le nom de libéro, possède plusieurs des qualités reconnues à son homonyme du soccer.
Spécialiste de la défense, il est désigné avant le début d'un match et doit porter une tenue d'une couleur différente de celle de ses coéquipiers. Avant le coup de sifflet du service, le libéro peut se substituer à n'importe quel joueur de la ligne arrière sans que son arrivée soit interprétée comme un remplacement normal.
Le libéro ne peut servir ni prendre place sur la ligne avant, et il n'est autorisé à effectuer une frappe d'attaque que dans des circonstances bien définies. La présence de ce joueur très agile devrait rendre plus spectaculaire tout l'aspect défensif du volley-ball et contribuer à allonger la durée des échanges.
Autre nouveauté qui confère un rôle encore plus significatif au libéro: la possibilité pour l'équipe en défense de marquer des points. Auparavant, seule l'équipe au service pouvait augmenter son pointage.
Les matchs se disputent au meilleur de cinq manches. Une manche est gagnée par la première équipe qui atteint 25 points avec une avance d'au moins 2 points sur son adversaire. En cas d'égalité à 24 partout, le jeu continue jusqu'à ce qu'un écart de 2 points soit atteint.
En cas d'égalité à 2 manches dans un match, la manche décisive est jouée en 15 points, avec une avance d'au moins 2 points. Si la marque dans cette manche décisive est égale à 14 partout, la première équipe qui prend une avance de 2 points ou qui atteint 17 points l'emporte.
Au volley-ball de plage, un match est gagné lorsqu'une équipe gagne deux manches.
Une manche est gagnée par l'équipe qui, la première, marque 21 points avec un écart minimum de 2 points. En cas d'égalité à 20 partout, le jeu continue jusqu'à arriver à un écart de 2 points.
En cas d'égalité 1-1 dans les manches, les équipes jouent une manche décisive. Elle est gagnée par l'équipe qui marque 15 points en premier, toujours avec un écart minimum de 2 points.
Au cours d'une manche, l'équipe qui gagne un échange (qu'elle serve ou pas) marque un point et acquiert le droit de servir.
Le Temple de la renommée du volley-ball est installé à Holyoke, petite ville de 45 000 habitants située dans l'ouest du Massachusetts, aux États-Unis.
Une situation pour le moins paradoxale, puisque le volley-ball est loin de jouir, chez les Américains, de la même faveur du public et du même taux de participation populaire que dans plusieurs autres pays. En Europe et en Asie, par exemple, on estime que ce sport se classe tout juste derrière le soccer en ce qui a trait au nombre d'adeptes.
Néanmoins, Holyoke ne se targue pas en vain d'être le « berceau du volley-ball ». C'est bel et bien un moniteur d'éducation physique de la Young Men's Christian Association (YMCA) locale qui a inventé les règles de ce sport, en puisant son inspiration dans celles du basket-ball, du baseball, du tennis et du handball.
En 1895, William G. Morgan a ainsi répondu aux demandes de sa clientèle d'hommes d'affaires, qui lui disaient apprécier les sports d'équipe, mais souhaitaient éviter les contacts physiques inhérents au basket-ball, inventé quatre ans plus tôt.
La propagation rapide de ce sport, appelé « mintonette » au début, a été assurée par le réseau mondial des YMCA, y compris ses succursales de Montréal, d'Ottawa et de Toronto.
Les innovations sont donc venues des quatre coins du globe. En 1916, par exemple, les Philippins ont apporté une contribution majeure à l'arsenal offensif en développant une tactique par laquelle un joueur reprenait le ballon en lui appliquant une trajectoire ascendante afin qu'un coéquipier, en plein vol, puisse le propulser avec force dans la zone adverse. C'est ainsi que le smash est né.
L'année suivante, le score gagnant d'une manche a été ramené de 21 à 15 points. En 1920, on a limité les échanges à trois touches et on a établi les règles gouvernant les attaques de fond de zone.
Dès 1939, le volley-ball est inscrit au programme des Jeux universitaires mondiaux. Puis, la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) a vu le jour en 1947, par l'entremise de 13 associations nationales. Le premier Championnat du monde est organisé deux ans plus tard à Prague.
Peu à peu, tous les pays laissent tomber le jeu à neuf joueurs. L'uniformisation des règles permet la reconnaissance du volley-ball comme sport olympique en 1964. Le tournoi masculin des Jeux de Tokyo accueille 10 équipes masculines, 4 de plus que le volet féminin.
L'engouement des Japonais pour ce sport ne s'est jamais démenti. La Coupe du monde, rendez-vous quadriennal du volley-ball et plateforme incontournable de qualification olympique depuis 1991, a élu domicile fixe au pays du Soleil levant en 1977.
Le volley-ball revendique l'affiliation d'un plus grand nombre de fédérations nationales (217) que tout autre sport, mais il ne s'est jamais reposé sur ses lauriers pour autant. À preuve, l'introduction du volley-ball de plage aux Jeux olympiques d'Atlanta et l'arrivée du libéro au tournoi de volley-ball intérieur des Jeux de Sydney.
En vogue sur les plages californiennes depuis les années 20, le volley-ball de plage devient un sport professionnel dans les années 70 avec l'arrivée de commanditaires. Ces derniers permettent aux organisateurs de tournois d'offrir d'alléchantes bourses aux meilleures équipes. En 1980, la valse des dollars prend réellement son envol avec une série de tournois offrant un total de 52 000 $ en bourses.
De plus en plus pratiqué à l'extérieur des États-Unis, le volley-ball de plage fait des pas de géant dans plusieurs pays avec la présentation de tournois commandités et télévisés. Les associations professionnelles de joueurs et de joueuses de volley-ball de plage voient le jour, de même que les tournois de Coupe du monde, les Championnats du monde et, finalement, un tournoi olympique en 1996.