

Au fil des Jeux, les modèles de voiliers retenus pour les diverses épreuves olympiques ont changé constamment pour permettre la démonstration d'habiletés différentes, tout en gardant en tête le principe de récompenser le talent, et non le bateau.
Le modèle le plus récent, le 49er (Fortyniner), est une épreuve ouverte, c'est-à-dire que l'équipage de ce dériveur double peut être exclusivement masculin, exclusivement féminin ou mixte. Cette règle s'applique également aux classes Finn (dériveur solitaire poid lourd), Tornado (catamaran double).
Le programme olympique comprend, par contre, des épreuves où les hommes et les femmes concourent séparément: la planche à voile (classe RS/X), le dériveur solitaire (classe Laser Radial pour les femmes, classe Laser pour les hommes) et le dériveur double (classe 470). Il y a aussi deux quillards aux Jeux olympiques, soit le Star (quillard double pour les hommes) et le Yngling (quillard triple pour les femmes).Tous les adeptes de la voile — des néophytes aux médaillés olympiques et champions du monde — doivent une fière chandelle aux pirates de haute mer.
Comme ils représentaient une menace constante pour le transport de marchandises des commerçants néerlandais du 17e siècle, ces derniers ont décidé de les prendre de vitesse en développant des bateaux à voiles plus rapides et plus faciles à manœuvrer, les « jaghtschips ».
Le concept d'une société des loisirs n'avait pas encore commencé à germer dans l'esprit des philosophes ou des sociologues de l'époque. Mais si ces navires pouvaient être utiles et rentables dans le monde des affaires, ils pouvaient aussi mettre du piquant dans les sorties en mer des aristocrates, qui avaient les moyens de pratiquer la voile par plaisir.
La voile de compétition s'est d'abord développée en Angleterre et dans les colonies de l'Empire britannique. Le lien avec les Néerlandais? On le doit au roi Charles II! Parti se réfugier aux Pays-Bas après qu'Oliver Cromwell eut obtenu la tête de son père en 1649, il a été conquis par les « jaghtschips ». Il en a fait venir un en Angleterre après être monté sur le trône, le 29 mai 1660, le jour même de son 30e anniversaire.
La passion de Charles a fait des petits. Le jaght néerlandais s’est transformé en yacht, les régates se sont multipliées, et tous vécurent heureux...
En fait, l'histoire nous apprend que la première régate internationale s'est déroulée en 1851. La Coupe des 100 guinées, un parcours de 60 milles nautiques autour de l'île de Wight, a attiré même un voilier du New York Yacht Club qui venait de participer à la première Exposition universelle.
L'équipage de l'America a eu l'outrecuidance de gagner la course, de rapporter le trophée aux États-Unis et de le rebaptiser America's Cup. Encore aujourd'hui, des voiliers se disputent ce plus vieux trophée dans le monde du sport professionnel.
De retour dans le monde olympique, soulignons que la voile de compétition a raté son entrée. Les épreuves ont été annulées aux Jeux de 1896 à cause du mauvais temps qui régnait sur Athènes. Les embarcations ont dû attendre quatre ans avant de voguer à des Jeux olympiques.
Par ailleurs, les Jeux de 1908 ont été le théâtre d'une hérésie suprême: une épreuve pour bateaux à moteur. Une expérience qui n'a pas été répétée afin de respecter le principe voulant qu’on récompense le talent, et non le bateau.
Ce principe a trouvé son application idéale dans la formule monotype — « one-design », disent les Anglais — selon laquelle tous les bateaux d'une classe donnée sont identiques, puisqu'ils ont été bâtis en série à partir d'un seul et même plan. Leurs constructeurs doivent respecter des normes strictes quant à la longueur, le poids, les matériaux utilisés et les méthodes employées. Dans un monde utopique, tous les bateaux d'une même classe seraient de parfaits sosies.