

Le calendrier chargé des joueurs de tennis professionnels a amené
le Comité international olympique (CIO) à consentir que tous les matchs masculins, à l'exception des finales
du simple et du double, soient disputés au meilleur de trois manches, et
non de cinq.
Prise pour les Jeux de 1996, la décision a été très favorablement accueillie. Les joueurs ne tenaient pas à épuiser leur énergie dans la chaleur humide d'Atlanta, si près des Internationaux des États-Unis.
Outre cette importante concession, tous les règlements habituels sont
en vigueur pour les quatre épreuves du programme olympique: le simple
et le double, chez les hommes et les femmes.
Le tennis a disparu de la carte olympique après les Jeux de Paris en 1924. Les querelles incessantes entourant la définition des statuts d'amateur et de professionnel ont eu raison de la bonne volonté des uns et des autres.
Le tennis n'a pas eu besoin de la visibilité des Jeux olympiques pour survivre ou pour prospérer. Sa popularité est tellement grande, et ses réseaux de compétition tellement bien installés, que ses 60 ans d'absence de la compétition olympique, sauf une démonstration sans lendemain aux Jeux de Mexico en 1968, ne lui ont causé aucun tort.
En fait, le retour du tennis comme épreuve de démonstration (à Los Angeles en 1984) s'est inscrit dans un incontournable mouvement d'ouverture vers les athlètes professionnels. Sans eux, les Jeux olympiques pouvaient difficilement prétendre être le summum du sport de compétition.
Cependant, l'attitude des joueurs et des joueuses sélectionnés pour représenter leur pays à partir du tournoi olympique de Séoul, en 1988, ne reflétait pas nécessairement l'idéal olympique. Sans riche bourse à l'enjeu, ils n'ont pas senti l'obligation de se « défoncer », même pour l'honneur. Le tournoi olympique de Barcelone a constitué un exemple probant en ce sens.
Sept des huit têtes de série masculines y ont été éliminées avant les quarts de finale. Quant au médaillé d'or, le Suisse Marc Rosset, il avait passé la semaine précédant les Jeux en vacances à faire du ski nautique. Il était convaincu que son 44e rang mondial ne lui permettrait pas d'aspirer aux plus grands honneurs.
Étonnamment, une attitude désinvolte avait aussi joué un rôle dans l'attribution de la première médaille d'or olympique, en 1896. En expédition archéologique à Athènes, le Britannique John Pius Boland en a profité pour s'inscrire comme concurrent au tournoi de tennis. La récolte a été doublement fructueuse: de l'or en simple et en double, avec son partenaire allemand Friedrich Traun.
Tous ont maintenant mis un peu d'eau dans leur vin. Il reste à espérer
que les valeurs olympiques, aussi fragiles soient-elles, parviendront à
occuper une place plus importante chez les vedettes du tennis
professionnel.