

Le plongeon synchronisé, au tremplin comme à la tour, fait partie
du programme des Jeux depuis Sydney. La tâche des juges est donc doublée,
puisqu'ils ont à noter à la fois le plongeon de chacun des deux
concurrents et leur synchronisation.
Dans les épreuves individuelles et synchronisées, un coefficient de difficulté est attribué à chaque plongeon en fonction du groupe, de la position, du nombre de sauts périlleux et de vrilles ainsi que de la hauteur à partir de laquelle le plongeon est exécuté.
Le groupe définit la direction du corps dans le mouvement de départ: avant, arrière, renversé, retourné, avec vrille ou en équilibre. La position désigne l'attitude du corps pendant l'exécution du plongeon: droit, carpé (bras autour des jambes en extension), regroupé (bras autour des jambes repliées) ou libre.
Pendant les compétitions internationales, sept juges évaluent
chaque plongeon. La plus haute et la plus basse note sont retranchées.
La somme des 5 pointages restants est d'abord multipliée par 0,60,
puis par le coefficient de difficulté du plongeon. Le résultat
final constitue la somme des points obtenus pour le plongeon en question.
Pour bien des peuples, des Vikings aux Polynésiens, en passant par les Mexicains, les envolées d'une falaise pour aboutir dans la mer ont constitué une spectaculaire activité de démonstration de sang-froid.
Néanmoins, le plongeon sportif tel qu'on le connaît maintenant s'est d'abord appelé «plongeon de fantaisie» ou «plongeon acrobatique», et il vient en droite ligne de la gymnastique. Au 19e siècle, les gymnastes de Suède et d'Allemagne ont pris l'habitude de déménager leurs appareils sur les plages pendant l'été. Ils ont ainsi pris goût à la voltige au-dessus de l'eau.
Aux Jeux olympiques de St. Louis, en 1904, le plongeon de la tour de 10 mètres exerce la même fascination sur l'assistance que les spectaculaires envolées d'une falaise. Quatre ans plus tard, à Londres, l'épreuve du tremplin de trois mètres est ajoutée.
Les épreuves féminines ne mettront pas de temps à se faire une place: la tour, dès Stockholm en 1912, et le trois mètres, à partir d'Anvers, en 1920. Dans le cadre de ces Jeux olympiques, en Belgique, les plongeurs des États-Unis ont décroché trois des quatre médailles d'or à l'enjeu. Ils ont ainsi établi une domination qui s'est poursuivie pendant 40, 50, voire 60 ans, selon les épreuves. Au cours du 20e siècle, les plongeurs américains ont ainsi mis la main sur 46 des 75 médailles d'or, et 125 des 225 médailles olympiques.
La Chine s'est imposée dans les quatre épreuves à partir du milieu des années 80. Plus près de nous, c'est la Québécoise Sylvie Bernier, gagnante de la médaille d'or du tremplin de trois mètres aux Jeux de Los Angeles en 1984, qui a montré la voie à ses jeunes compatriotes. Douze ans plus tard, une autre protégée de l'entraîneur montréalais Donald Dion s'est illustrée à son tour. Annie Pelletier a dû lutter, à chaque étape du concours, pour finalement décrocher la médaille de bronze du trois mètres aux Jeux d'Atlanta en 1996.
Plus récemment, Alexandre Despatie et Émilie Heymans ont remporté
les Championnats du monde à la tour en 2003. Despatie avait terminé
quatrième à Sydney, tandis qu'Heymans avait gagné la médaille
d'argent à la tour synchronisée en compagnie d'Anne Montminy,
également médaillée de bronze au 10 mètres.
Aux Jeux olympiques d'Athènes, Despaties a ajouté une médaille d'argent au tremplin de 3 m à sa récolte olympique. Toujours à Athènes, Émilie Heymans a pour sa part récolté le bronze à la plateforme de 10 m.