

À la base, les deux versions de lutte olympique se ressemblent. Une
fois le combat engagé, les lutteurs tentent de clouer les épaules
de l'adversaire au tapis et de les y maintenir assez longtemps pour que le contrôle
soit évident.
La différence entre les styles gréco-romain et libre se situe presque entièrement au niveau des jambes. Dans le premier cas, les prises sont limitées de la tête à la ceinture, et l'utilisation des jambes est interdite. En lutte libre, les prises de jambes sont autorisées, mais non les torsions, les étranglements ni les coups frappés.
Autres règles: les ongles doivent être courts, les barbes vieilles de quelques mois ou fraîchement rasées, la sueur doit être essuyée et chaque lutteur doit avoir un mouchoir, habituellement rangé dans la coquille athlétique. Ce dernier point est resté inchangé depuis l'époque où les mouchoirs étaient nécessaires pour essuyer le sang, la salive ou les humeurs visqueuses... s'écoulant du nez. La tradition, c'est la tradition!
Le temps réglementaire d'un combat est de six minutes, combat qui se
déroule en deux rounds entrecoupés d'une pause de 30 secondes.
En cas de match nul, un round supplémentaire de trois minutes est ajouté.
Si l'impasse persiste, l'arbitre, le juge et l'officiel responsable du tapis
passent au vote. Le lutteur avec le plus grand nombre de points
techniques est habituellement déclaré vainqueur.
La Grèce est autant associée à la lutte qu'à l'olympisme. Il n'aurait jamais pu être question de ressusciter les Jeux olympiques en 1896 sans y inclure des épreuves de lutte gréco-romaine.
Homère lui-même, grand poète, auteur de L'Iliade et de L'Odyssée, décrit dans son oeuvre un combat entre Ulysse et Ajax, et qui fut arbitré par nul autre qu'Achille. Un duel « homérique », comme ont dû l'être ces combats égyptiens peints en détail sur des fresques de la tombe de Baqet, la plus vieille et la plus intéressante des 39 tombes découvertes dans le petit village de Beni-Hassan.
Ces fresques, exécutées à l'époque de l'Empire du Milieu (environ 2000 ans av. J.-C.), décrivent la plupart des prises utilisées dans le style libre, qui a fait son apparition officielle au programme des Jeux olympiques d'Anvers en 1920.
Cette reconnaissance a mené à la création, un an plus tard, de la Fédération internationale des luttes associées (FILA), styles libre et gréco-romain.
Au cours des années qui ont suivi, les coups et les torsions ont été interdits par une codification de la lutte visant à la réglementer et à la distinguer des combats spectaculaires de la lutte professionnelle ou du catch américain.
Pour la première fois de l'histoire olympique, le tournoi de lutte a fait place aux femmes en 2004 à Athènes.
Si on fait exception de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud, la lutte olympique se pratique dans ses deux versions à l'échelle mondiale.
Pour la petite histoire, mentionnons qu'il semble ne pas y avoir eu de limite de temps clairement établie pour les combats des premiers Jeux olympiques. On rapporte qu'un combat entre le Russe Martin Klein et le Finlandais Alpo Asikainen, aux Jeux de Stockholm en 1912, a duré 11 heures et 40 minutes. Le Russe a finalement gagné. Mais trop épuisé il n'a pu combattre au tour suivant.
Beaucoup plus récemment, la lutte gréco-romaine a été
marquée par un autre Russe, le formidable Aleksandr Karelin, sept fois
champion du monde et premier lutteur de l'histoire à décrocher
trois médailles d'or olympiques consécutives. La marque de commerce
de ce poids lourd de 130 kg (285 lb), surnommé le gorille: le
« Karelin lift ». Il soulève son adversaire du sol et le
lance plus loin à bout de bras!